En deux mots : « la réversibilité, c’est une affaire réglée ».
Voir synthèse Réversibilité éditée par KLC en mai 2004.
Réversibilité
Quelques informations sur l’état de l’art en réversibilité.
C’est un sujet d’actualité. Il n’y a plus beaucoup de « primo infogérance », il y a surtout des renouvellements. À noter que, d’après nos expériences, 70 % des renouvellements passent maintenant par des appels d’offres formels. Et dans ce cas, la moitié des entreprises signent leur nouveau contrat avec un nouveau prestataire, le plus souvent pour des périmètres révisés.
Les grands changements intervenus depuis 5 ans et plus.
Premier changement : à la fin des contrats d’infogérance, on ne se pose même plus la question de « reprise en interne ». Il y a prolongation, ou transfert chez un autre professionnel, avec un contrat plus simple et plus clair.
Ça devient une opération standard (presque de routine), parfaitement prévue dès le début du contrat comme son aboutissement normal. Ce n’est plus, comme du temps de la réversibilité en interne, une opération exceptionnelle dont les tenants et aboutissants ne pouvaient être précisés qu’un an avant la fin de contrat, et qui nécessitait des devis et des interventions spécifiques du prestataire sortant.
Deuxième changement : les transferts actuels sont pilotés par le prestataire entrant. Le sortant n’a pas grand chose à faire de plus que la fourniture de son service normal, et de toutes les documentations associées.
Au total, la réversibilité est possible. Elle est en fait presque facile, et sans comparaison avec les difficultés d’une primo infogérance.

Pourquoi c’est plus facile ?
Les travaux sont déjà automatisés, documentés. Le transfert se fait « entre professionnels ». Il n’y a pas de reprise de personnel, comme à la première infogérance.
Enfin, il y a la maturité du client qui – échaudé – ne fait plus que des demandes raisonnables, tout en s’attendant au pire.
La réversibilité pour quoi faire ?
La réversibilité est facile. Elle est surtout souhaitable. Après 5 ans, il faut remettre à plat les relations existantes (ce serait souvent à faire plus tôt, mais les contrats ne le permettent pas). Il faut simplifier en prenant en compte les expériences accumulées depuis 5 ans.
Caractéristiques de la deuxième infogérance.
Elles portent à la fois sur une reprise de contrôle par le client (en jouant sur un nouveau lotissement) et sur des responsabilités et des engagements plus forts donnés au prestataire.
Le lotissement consiste à avoir deux ou trois prestataires sur des domaines bien ciblés (en application du « diviser pour régner »). On règle ainsi la question du monopole. On se met en situation de pouvoir challenger fréquemment ses prestataires. Le découpage peut porter sur les grands domaines techniques suivants : Études Nouvelles / TMA / Support aux utilisateurs / Desktop / Exploitations des serveurs et applis centrales / Réseaux / Téléphonie… Il n’y a pas de regroupement standard. On voit cependant émerger une nouvelle segmentation par applications : le « Core business » est peu externalisé ; au contraire, les applications génériques se préparent à partir en BPO.
Responsabilité plus grande du prestataire. Ex. il devient leader dans le choix de solutions techniques (outils d’administration, dimensionnement des moyens, méthodologie).
Autres nouveautés : accent sur les conditions de flexibilité (volume, architecture) ; sur le niveau de forfaitisation ; sur la capacité de gestion des évolutions.
Difficultés spécifiques à la 2ème infogérance.
Elles portent sur le transfert de connaissance, et sur le personnel externe.
Celui qui connaissait (le prestataire sortant) part à minuit le dernier jour du contrat, et ça, c’est irréversible. Lors de la deuxième infogérance, le client n’a plus les compétences pour se substituer au sortant. D’où un danger majeur si le nouvel infogérant a sous-estimé les efforts de transferts de connaissance, ou s’il a constitué trop tard son équipe. Ces cas n’existent pas en primo infogérance où les « sachant » sont soit conservés par le client, soit transférés chez le prestataire (en tout cas, ils risquent peu de disparaître tous en même temps).
Ces dangers sont accentués si – au moins en partie – les sortants sont en détachements temporaires par des petites sociétés de service. Le technicien en place (qui a besoin de se recaser) peut quitter sa SSII bien avant la reprise des responsabilités par le nouvel infogérant.
Conditions de succès.
18 mois avant la fin du premier contrat, faire un audit de réversibilité, puis une étude de scénarios d’évolution. La 2ème infogérance ne sera jamais une copie de la première.
Ensuite, il faut lancer l’AO en prenant en compte les éventuelles difficultés de transfert.
Puis lancer un AO sincère et ouvert, en consultant aussi le sortant.




